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Par : Sylvie
Publié : 24 juillet 2013

THEO-PHILO : Les philosophes des Lumières et l’injustice

Mardi 23 juillet de 13h à 15h30, la 1ère Bac Pro ARCU a rencontré Monsieur Claude GIBOIN, professeur de philosophie.



De nombreuses interrogations ont été soulevées :

- Comment définir le bien, le mal ?
- Qu’est-ce que la justice ?
- Comment s’apprend la justice ?

Cette rencontre s’est terminée par un thé accompagné de petits gâteaux préparés par les élèves.

Sylvie


Dans le cadre du sujet d’Etude 2 " Les philosophes des Lumières et le combat contre l’injustice", étudié en classe de première ; Madame Favard et moi-même avons invité un professeur de philosophie, Monsieur Claude Giboin à notre "Théo Philo", afin de faire réfléchir les élèves sur cette question de manière plus philosophique. Nous avions étudié en classe deux textes de Voltaire, l’un portant sur "l’affaire Calas" dans "Traité sur la Tolérance" et l’autre sur l’affaire du chevalier de la Barre (1766), ainsi qu’un texte de Fénelon. Il est vrai que le personnage qui incarne le mieux la lutte contre l’intolérance et l’injustice est sans doute Voltaire. Après avoir fait émerger une définition de la justice liée au droit, donc au juridique, Monsieur Giboin leur a demandé si la justice n’avait pas aussi des liens plus personnels. Les élèves ont fini par dire que cela dépendait de la morale- et que celle-ci variait selon les individus, la culture et la coutume. Donc quoique la justice soit un principe à portée universelle, le juste apparaît pouvoir varier en fonction de facteurs culturels. Claude Giboin fait aussi référence à Héraclite (Philosophe Grec du V è siècle avant J-C) connu pour son étude du sens de la justice. Il affirmait" S’il n’y avait pas d’injustice, on ignorerait jusqu’au nom de la justice". Héraclite définit donc la justice par son antonyme. Selon lui, l’idéal de la justice en soi se comprend par le refus d’un état d’injustice, assimilé au chaos social.

Cependant, on ne peut s’arrêter à cette définition et revenons donc à la pensée des philosophes des Lumières, à travers une lecture de Voltaire sur l’injustice, qui est en fait une réponse à J.J Rousseau qui avait écrit "Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes". Voltaire n’est pas d’accord avec Rousseau et pense dans le sillage de Locke, que la connaissance n’est pas innée, mais qu’elle procède de l’expérience. Donc, le juste, l’injuste procèdent aussi de l’expérience et de la raison ; car pour Voltaire c’est l’expérience seule qui nous instruit ; tout ce qui la dépasse n’es qu’hypothèse : le champ du certain coïncide avec celui de l’utile et du vérifiable. La tâche de l’homme est de prendre en main sa destinée, d’améliorer sa condition humaine, d’embellir sa vie par la science, l’industrie, les arts et par une bonne "police" des sociétés. Ainsi, la vie en commun ne serait pas possible sans une convention où chacun trouve son compte. Bien que s’exprimant par des lois particulières à chaque pays, la justice qui assure cette convention est universelle. Tous les hommes sont capables d’en concevoir l’idée, d’abord parce que tous sont des êtres plus ou moins raisonnables, ensuite parce qu’ils sont tous capables de comprendre que ce qui est utile à la société est utile à chacun. Monsieur Giboin parle ensuite de la vertu, "commerce de bienfaits", qui est dictée à la fois par le sentiment et par l’intérêt. Le rôle de la morale, selon Voltaire est de nous enseigner les principes de cette "police" et de nous accoutumer à la respecter. Etranger à tout esprit religieux, Voltaire se refuse cependant à l’athéisme d’un Diderot. Il a en tout cas lutté contre le fanatisme, celui de l’Eglise catholique, comme celui du protestantisme, symboles à ses yeux d’intolérance et d’injustice. Ce combat peut être illustré par cette citation fameuse et pourtant apocryphe "Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de la dire."

On conclut sur la devise des Lumières : "Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement :", énoncée par Kant "Qu’est ce que les Lumières" (1784). L’individu doit être autonome pour conquérir sa liberté. Evidemment on ne peut traiter un sujet aussi vaste en une heure trente et il faudrait l’approfondir, mais on a pu dégager les grandes lignes de réflexions et les élèves ont été ravis, cela a même suscité des curiosités et une envie de lire des textes philosophiques.

Anna Resmini

Nos Théo-Philo :

- "Quelle(s) identité(s) et pour quoi faire ?"

- Justice, engagement, bonheur : La Peste d’Albert Camus

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