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Publié : 26 avril 2010

Traditions ancestrales au Vanuatu


Le kava, un breuvage ancien et symbolique

Le kava, ava en langue polynésienne, veut dire boisson toxique. C’est une plante originaire du Pacifique occidental utilisée depuis des siècles par les îliens de l’ensemble du pacifique, dans la vie religieuse, culturelle et politique.

Son usage remonte à plusieurs siècles, bien avant l’arrivée des missionnaires catholiques en 1837. Le kava constitue un « cadeau précieux » destiné à établir de nouveaux rapports sociaux. Cet échange de kava sert à rétablir la paix et normaliser les relations. C’est par lui qu’on honorait les dieux. Cette plante sacrée occupe une place capitale au moment de l’investiture des rois et des chefs de village.

Racines de kava

Une préparation traditionnelle

Le kava se prépare toujours avec la racine fraîche de l’arbuste. Parfois les hommes font sécher les racines puis les broient et obtiennent un liquide grisâtre, peu fort. Ou alors, les racines sont débitées en petits morceaux et nettoyées avec une noix de coco appelée en bichlamar shell, les morceaux sont ensuite mâchés. Le produit obtenu est mou et mélangé avec de l’eau dans un plat en bois appelé tanoa.

Un acte social

La consommation du kava a presque toujours été un acte social dans la Pacifique, à la manière du bétel. Les hommes (ou les femmes comme à Tong et Pohnpei) se réunissent pour la préparation et la consommation du kava lors d’une cérémonie politique ou religieuse. Même si dans plusieurs sociétés du Pacifique, les femmes n’ont pas autant le droit de consommer la « drogue » que les hommes (du moins en public), ce sont elles qui accomplissent la plupart des travaux liés à la culture du kava.

Suivant un ordre cérémonial sévère, chaque fois que le maître de cérémonie appelle une des personnes assises par son nom il doit frapper des mains (3 fois au moins) avant de prendre et boire la coupe de Kava.

La légende du kava

Dessin réalisé par MaureenLe dieu Kalpapen décida de donner aux hommes le vrai kava. Il mit à leur disposition tout d’abord un plat à kava, une cigale pour chanter le soir et un coq. Puis il transperça le soleil avec un roseau pour le faire partir et soudain la nuit, brusquement tombée, terrorisa les gens.

Kalpapen avait ainsi créé l’alternance du jour et de la nuit et il demanda aux hommes de marquer ce passage en se réunissant chaque soir pour boire le kava.

Le kava est un symbole important de la tradition et des coutumes. Il est aussi utilisé dans le discours politique de l’identité et de la souveraineté du pays.

Marivé Hnaia, Maureen Augier2 MSA2 -
Samantha, Francesca, Henricko, Nathalie, Joelyse, Cindy
2MSA1 - 2010


Le saut du gaul, un rite de passage de l’adolescence à l’état d’homme

Le saut du gaul est une tradition de l’île de Pentecôte au Vanuatu. C’est l’un des rituels les plus spectaculaires du Pacifique. Il se déroule à l’époque de la maturité des ignames, en avril-mai, à la période de l’année où les lianes ont atteints leur maximum de solidité et d’élasticité.

Tous les ans, les hommes de Bunlap construisent autour d’un grand arbre élagué une immense tour de lianes et de bois pouvant atteindre 35 mètres de haut. Chaque homme est responsable de ses lianes et de son tremplin. Avant qu’il ne saute, le terrain est nettoyé et amolli. Parfois les enfants sautent des plates les plus basses. Ce sont en général des enfants qui lors de cette cérémonie, entrent dans la communauté mâle.

La légende du saut du gaul

Le premier saut fut celui de la femme de Tamalie qui, refusant de consommer le mariage, fut poursuivie par son mari. Voulant lui échapper, elle monta au sommet d’un banian, puis se jeta dans le vide au moment où son mari allait l’attraper. Tamalie la suivit, mais se tua dans sa chute, alors qu’elle, les deux pieds attachés à des lianes, se releva sans mal. Depuis, cette coutume est réservée aux hommes.

Les hommes de Pentecôte effectuent ce saut pour aussi assurer une bonne récolte des ignames l’année suivante. D’après la coutume, les hommes fécondent la terre en touchant la terre de leurs épaules.

Une tradition détournée

Cependant cette tradition est dénaturée par le tourisme, les dates ne sont plus respectées, les lianes cueillies n’ont plus le maximum de leur élasticité, des charters de touristes sont organisés, que reste-t-il de la traditon ?

Didie, Marie-Jeanne 2MSA2 - 2010

Vanuatu sauvé par ses traditions