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Par : 2MSA3
Publié : 17 août 2010

Les parures corporelles en Papouasie

La transformation du corps en oeuvre d’art !

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’art corporel est une œuvre d’art chargée de symboles. Lors des cérémonies de deuils et les fêtes, les Papous aiment montrer leur prestige. Les hommes utilisent des couleurs et des motifs décoratifs et des bijoux strictement codifiés pour leur générosité et leur reconnaissance sociale.

Peintures aux pigments naturels, argile blanc, huile, calcaire, charbon de bois, chaque matériau pour enduire le corps a sa signification. Défenses de sangliers, fourrures, fleurs, coquillages pour orner le corps trouvent leur explication. Les couleurs sont primordiales :

- le noir symbolise la puissance et l’agressivité

- le blanc représente la mort

- le jaune évoque le charme et l’accessibilité

- le rouge révèle une importance particulière magique et une prospérité économique.

Les autres couleurs symbolisent la force, le courage, la beauté, la générosité et la créativité, ce sont les idéaux des sociétés papoues. Les couleurs claires sont consacrées aux femmes, elles sont synonymes de charme.

Le prestige et la culture papoue

Lors des cérémonies, les danseurs utilisent l’huile pour mettre en relief les muscles du corps, le but n’est pas d’impressionner mais de transmettre le message principal de la peinture corporelle. La peinture corporelle en cachant l’apparence de la personne permet de révéler son véritable "moi" aux regards des autres, il exprime sa personnalité. Celui qu’on reconnaît derrière son maquillage est pour les Papous mal préparé.

Les Papous décorent leurs coiffures de matériaux onéreux comme les coquillages, des cheveux et des
plumes, il s’agit d’un signe de prestige et le port de couvres-chefs lors de certains rites et de certaines fêtes est très codifié.

La générosité comme socle de la reconnaissance sociale

Lors des fêtes, discours et danses se succèdent, les échanges ont lieu et jouent un rôle central dans la vie sociale des populations, c’est le fondement des sociétés papoues : l’échange de biens est la base d’un grand réseau de relations pour chaque individu, chaque groupe avec les autres. Ainsi se crée un système d’obligations, car tout doit être compensé.

Lors des fêtes des échanges grâce à la multitude de ses dons un homme peut agrandir sa réputation de big Man, qui veut dire grand homme. Précieux bijoux de coquillages, porcs... sont de précieux biens d’échange. Le groupe des donateurs a le privilège d’avoir les plus belles coiffures ornées de longues plumes d’oiseaux de paradis tandis que le groupe des bénéficiaires porte des couvre-chefs très simples.

Un homme peut donc renforcer son prestige, le pouvoir politique n’est pas lié à un mandat, un titre de noblesse ou à la naissance ou un vote. Si un individu est un bon guerrier ou un bon jardinier il peut devenir un big man.

Léline Jordan, Anémone Oudodopoé, Jemmilla Lakina 2MSA3


L’argile, une enveloppe protectrice

DeuilDans la culture papoue, la mort d’une personne est le début d’une longue période de deuil marquée par des cérémonies funéraires. Les Papous en signe de deuil s’enveloppent le corps avec de l’argile, se cachent parfois la tête comme un voile de deuil.

Le corps est enveloppé et revêt les mêmes teintes mates et grises que le corps du défunt. L’enveloppe de cendres et d’argile est aussi une protection pour la famille affaiblie par le décès. En effet, pour certaines tribus les esprits des ancêtres ne sont pas toujours bienfaisants envers les descendants, ils peuvent même être dangereux. Alors les femmes se rendent méconnaissables avec de l’argile afin que les esprits ne les trouvent pas. Elles ne retirent leur enveloppe d’argile que lorsque l’esprit a quitté définitivement le monde des vivants.

L’enveloppe d’argile est aussi un rite d’initiation, c’est le passage des jeunes du monde des femmes et des enfants à celui des hommes. Cette transition interprète une mort symbolique.


Une "armure" d’argile, une arme de guerre

Ces masques d’argile - mud men - à l’expression guerrière portés par les Gorokas lors des fêtes sont censés faire battre l’ennemi en retraite. Les masques sont souvent ornés de cornes et de dents de sangliers.

Dans certaines tribus, les guerriers se couvrent d’argile, les hommes ressemblent à des êtres surnaturels, ils cachent leur visage sous un masque de terreur pétri dans de l’argile, en se couvrant d’argile sur le corps, ils commémorent unmythe expliquant l’apparition de leurs costumes.

Chaque tribu à une façon de se parer, son propre maquillage, ses couleurs, ses coiffures, tout doit être conforme à ses traditions. Lorsqu’une tribu est attaquée, les guerriers se vêtissent de leurs costumes et ainsi leurs ennemis les prennent pour des esprits maléfiques qui les attaquent et fuient devant ces horreurs.

Claire 2MSA3